samedi 3 mars 2012

"Tochter", commentateur (trice), nous écrit


          "LA MINUTE CULTURELLE DE TOCHTER.

Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann-Taylor se joue en ce moment au théâtre Antoine à Paris, adapté par Michèle Lévy-Bram, avec Gérard Darmon ou Patrick Timsit. Que dire de cette œuvre épistolaire censée dénoncer le nazisme ? Le fait est qu’au travers du personnage juif, Max, Kressmann-Taylor met à jour des caractères juifs qui coïncident furieusement avec les caractéristiques dénoncées par la propagande nazie…
Nous sommes en 1932, Max Eisenstein est un vendeur juif d’œuvres d’art dans une galerie à San Francisco. Il profite avec allégresse de la « pauvreté » allemande de l’entre-deux-guerres qui lui permet de « faire un profit scandaleux » sur les œuvres que les Allemands vendent à un « prix dérisoire » à cause de quatorze années de « misère » ; c’est Martin, son ami allemand, qui le fournit. Max « jubile », il « exulte » d’avoir « roulé une vieille matrone juive », d’autant qu’il avoue lui-même que toutes ces clientes américaines « n’ont sans doute pas vraiment confiance en un autre Juif »… (On voudrait bien savoir pourquoi.)
Alors Max se pose bien quelques questions : « Est-ce pour cela que l’on vit ? Pour gagner de l’argent par des procédés douteux et en faire étalage aux yeux de tous ? » Il a « souvent honte » de lui-même « pour le plaisir qu’il prend » à cela, « se fait des reproches », mais balaie tous ces bons sentiments d’un revers de plume : « …mais je continue comme avant » ; « c’est une fatalité qu’il faut bien accepter » ; « nous sommes futiles et malhonnêtes parce que nous devons triompher des personnes futiles et malhonnêtes. » Que dire contre tout cela quand c’est un Juif lui-même qui l’écrit ?
Mais en 33 vient au pouvoir Adolph Hitler, et Martin, comme tous les Allemands, adopte les thèses nazies du Führer, et se trouve dans l’impossibilité de sauver la sœur de Max qui vient chercher refuge chez lui, étant poursuivie de près par un groupe de SA. Il ne veut risquer ni sa vie, ni celles de sa femme et de ses enfants. C’est donc un monstre. Et un ignorant. Il écrit à Max : « Tu seras avant tout un Juif qui pleurniche sur son peuple. C’est conforme au caractère sémite. Vous vous lamentez mais vous n’êtes pas assez courageux pour vous battre en retour. » Il se trompait, Max entre alors dans un combat armé des plus honorables.
La relation épistolaire devient alors le support, la fronde de la vengeance. Bien à l’abri sur un autre continent, il cause la perte de Martin en écrivant lettres et télégrammes qui éveillent les suspicions de la censure teutonne et qui décapitent Martin-Goliath-Holopherne. C’est l’art de la guerre selon Max, dans un combat admirable de courage épique. D’ailleurs, il s’est certainement engagé lors du débarquement de Normandie ! Dommage, nous ne le saurons jamais, l’histoire d’Inconnu à cette adresse s’arrête avant…
Inconnu à cette adresse est donc une œuvre sournoisement antisémite qui, sous couvert de s’en prendre au nazisme, le justifie en discréditant le caractère du Juif comme étant profiteur, escroc, sans vergogne, destructeur lâche, pervers, froid et haineux… C’est une honte !
MAIS QUE FAIT LE CRIF ???"


TOCHTER


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire